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Rio Grande
Vallee Hermoso (“la vallée magnifique” à quelque chose près) est un lieu bien nommé des Andes argentines, près de Malargüe. Blaise voit qu’une boite de raft propose de descendre sur plusieurs jours le Rio Grande, qui y prend sa source. Alors pendant 2 ans il y pense et quand viennent 2 frenchies, il les embarque pour une descente vendue comme “100-120 km faciles (classe III max) à faire en 3 jours”.
Ca commence par un bon bout de route sur la fameuse “route 40”, qui remonte l’Argentine le long des Andes. Une pensée pour mon ex-collègue qui est à vélo, peut-être un peu plus bas sur cette même route.
Surprenante route 40, on y croise un volcan puis un kayakiste ami, près du km 3000
Non, on ne regrette pas d'avoir laissé le van sur des routes plus faciles
Déjà splendide
Vallee Hermoso, nous embarquerons sur le Rio qu'on aperçoit en bas
Une nuit à la belle étoile dans un décors de rêve et au matin nous chargeons les kayaks pour 3 jours d’autonomie. Le départ se fait en douceur en classe II, c’est rassurant et ça nous laisse lever le nez sur le décor idyllique. A défaut d’avoir pris des photos, je vous donne en vrac : les montagnes multicolores sans végétation, aux formes travaillées mais toujours arrondies par de fins éboulis qui ressemblent de loin à des coulées de sables colorés ; les oiseaux innombrables et variés ; les chevaux qui trottent sur la berge, à nous donner l’impression d’être dans une comédie romantique un peu datée.
Mais ce sont vraiment le nombre et la diversité des oiseaux qui sont surprenants : plusieurs sortes de canards, poules d’eau, mouettes, oies, quelques condors. Nous laissons rarement indifférent tout ce monde, sans doute peu habitué à voir des humains chez eux. D’autant plus en cette période où l’on voit beaucoup d’oisillons. Mention spéciale pour l’espèce d’oie qui me suit en frappant ses ailes au sol. J’ai traduit “Vas-y descend, j’te casse la tête !”
Après un moment, la vallée se termine et la rivière s’engage entre des sommets noirs et abrupts. De l’action ? Oui, mais au final on ne dépassera pas la classe III, donc rien de bien stressant, même avec des bateaux chargés. La journée se poursuit et on avale les kilomètres, toujours gardés en éveil par un rocher majestueux, un animal qui nous accompagne (mention spéciale au Condor qui projette son ombre sur moi) bon gré mal gré, un nuage de sable qui parcourt la vallée.
L’endroit est très sauvage et préservé.
Une pensée pour l'équipe calcul du CC-IN2P3 qui gère Condor tous les jours
Allumer : 2 secondes. Surveiller pour ne pas cramer la vallée : même temps que la cuisson du riz
Il est heu-reux. À la fois, que demander de plus ?
Commencer une journée par un réveil au grand air, mon secret du bonheur
Au réveil, il vente. Affaires de kayak sèches, départ facile. La navigation est légèrement plus monotone que la veille et surtout, le vent qui forcit nous use. Par chance, il est presque toujours de dos. On est tout de même frigorifiés dès qu’on fait une pause et fatigués de corriger notre trajectoire et ce bateau qui tourne seul. La vue de flamants roses, d’un fier cavalier au sommet d’une berge de sable blanc, d’oiseaux qui plongent à notre approche fait du bien momentanément.
Plutôt que de mourir de froid, adoptez le style lézard : collé à un rocher chaud (côté abrité du vent, évidemment)
L'arrivée, des cavaliers : pour moi, on est bien en Argentine