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En construction
Cela fait donc une dizaine de jours que je suis arrivé au nord de Chiloé.
Et hop, la carte pour situer l'île de Chiloé
J’y ai été accueilli par Timothy et Evelyn, un couple USA-Chili et leurs deux enfants. Ils vivent depuis quelques années dans une grande maison au nord de l’île, avec un grand terrain qui leur permet de vivre de diverses cultures. De temps en temps, ils reçoivent des wwoofers comme moi : c’est là que je dois donner quelques explications.
Mais il faut aussi que je vous montre à quoi ressemble une belle soirée vue d'ici
Les annonces qui me paraissent intéressantes et sans entourloupe sont rares, mais là pas de soucis : chez Timothy et Evelyn, on cherche à vivre une vie saine et paisible et on sait accueillir les visiteurs quand on a besoin d’un coup de main. Timothy cultive beaucoup d’ail (c’est une des spécialités de l’ile), mais celui de cette année est déjà récolté.
L'ail ici, ça rigole pas : ce ne sont pas mes mains qui ont rétréci. Et bio avec ça.
Que de beaux produits j'ai reçu en cadeau !
Nous travaillons donc avec Timothy, architecte, maître d’oeuvre et ouvrier improvisé, à monter un petit édifice en bois de 3x3 mètres, qui devra notamment résister aux vents violents de ce coin de paradis près de l’océan Pacifique. Les constructions en bois sont ici la norme, la pierre l’exception.
Des fondations à plat sur un terain pentu, premier défi
"Good enough!"
Arrivés là, on est déjà contents
Premier mur en cours
1 foot = 12 inches. On travaille avec le système métrique, dieu merci, mais étonnamment les poutres sont découpées en dimensions USA
De temps à autre on fait aussi de petites récoltes, en particulier du mesclun que Tim vend en sachets prêts à l’emploi à des restaurants de la ville voisine.
Salon de lecture avec vue sur l'estuaire (surexposé ici...)
Mais ce qui m’aura surtout marqué de cette lecture, c’est la critique acide des scientifiques comme de la science elle-même. Le mathématicien désabusé Ian Malcolm la décrit comme un pouvoir hérité : on se hisse sur des épaules de géant sans passer par un parcours initiatique qui nous rendrait méritants mais surtout conscients et précautionneux. La critique des ingénieurs et chercheurs est savoureuse, je vous en cite un bout (j’ai pas le talent de traduire mais faites pas la tête, ce sont des phrases simples) :
“He’s all right. He’s an engineer. Wu’s the same. They’re both technicians. They don’t have intelligence. They have what I call ‘thintelligence.’ They see the immediate situation. They think narrowly and they call it ‘being focused.’ They don’t see the surround. They don’t see the consequences.”
Et bim. J’en prends aussi pour mon grade mais j’aime la distance et la perspective que donne ce point de vue.
Le temps libre me sert aussi pour aller voir autour ce qui se passe.
La vile voisine, Ancud, était parait-il un joyau au bord l’océan. Mais en 1960, le plus fort séisme enregistré à ce jour a dévasté une bonne partie du Chili. Le tsunami qui l’a suivi a achevé la destruction. Aujourd’hui, ce sont donc les cris des mouettes et l’odeur iodée du front de mer qui font, pour ce que j’en ai vu, l’attrait d’Ancud.
Quelques maisons sur pilotis