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En vacances
Ca fait un moment que je ne suis pas revenu par ici… En plus il paraît que le temps passe doucement en ce moment en France. Allez, un peu d’exotisme et je vous proposerai même des sujets de recherche !
Depuis janvier et mon premier passage à Chaiten, une porte d’entrée de la Patagonie chilienne, je suis en contact avec Franchesca, qui habite là-bas. En contact via un réseau d’hospitalité. En 2 mots un réseau (sous la forme d’une page web) où chacun peut s’inscrire pour accueillir gracieusement des voyageurs chez soi, ou pour être accueilli en tant que voyageur. Il n’y a aucune autre contrepartie que celles éventuellement convenues avant d’aller chez l’hote. En général, il s’agit simplement d’un échange culturel. A titre personnel par exemple, j’apprécie beaucoup de recevoir chez moi des voyageurs qui me racontent leurs histoires et me font rêver de voyage dans mon propre salon. Ou qui amènent leur instrument, une recette de cuisine, ou simplement ces discussions des longues soirées où on essaie de comprendre un peu du vaste monde. L’idee c’est qu’on dispose tous d’un canapé ou d’un simple espace pour mettre un tapis de sol, qui peut être un abri d’une grande valeur pour un voyageur de passage. Et on dispose de la connaissance du lieu, de coutumes et tout un tas de choses qui peuvent rendre l’expérience du voyageur très intéressante. BeWelcome, CouchSurfing, Trustroots, Warmshowers, … sont quelques exemples de réseaux d’hospitalité avec chacun sa particularité.
Il se trouve qu’après mon troisième passage par Chaiten (quand je vous dis que c’est une porte d’entrée), je n’ai toujours pas réussi à passer chez Franchesca, mais elle a 3 semaines de vacances juste après le début de mon volontariat : pourquoi ne pas en profiter pour faire un bout de voyage ensemble ?
Son premier projet serait d’aller visiter le parc Tantauco, au sud de l’île de Chiloé où j’étais justement en volontariat chez Tim : quelle meilleure compagnie que celle d’un biologiste marine pour cela ? Banco. C’est donc le moment de dire au-revoir et un grand merci à Timothy et sa famille.
Je laisse la construction à ce stade. Superbe expérience technique en plus de l'expérience humaine. Comprendre et expérimenter des choses sur un sujet aussi basiquement vital que construire une habitation m'aura marqué
Et lundi, je rejoins Fran(chesca) à Quellon pour aller, en stop, jusqu’au camping du parc Tantauco. Bon le parc appartient au milliardaire président, Piñera, je dois avouer que l’idée m’intrigue… Mais la première chose dont elle me parle, sous le buste de O’Higgins où nous nous retrouvons, c’est sa participation à la marche féministe d’hier 8 mars, marche qui a laissé quelques belles affiches derrière elle. Malheureusement, quelqu’un a déjà enlevé le foulard de militante et le soutien-gorge posés sur le buste du personnage, je ne verrai que les photos : premier test de personnalité passé haut la main !
Le pick-up, meilleur ami du stoppeur
Camping confort
Le parc lui-même est assez étrange : composé de tourbières, de collines et de lacs, il a souffert d’un gigantesque incendie dans les années 40. Mais la forêt ne s’est pas vraiment reconstituée depuis, seulement une végétation assez basse et des troncs d’arbres pointant au milieu. Pour autant, on aura la chance incroyable de voir de près un Pudú : plus petit cervidé du monde, endémique et emblème du Chili.
Un derrière de pudú
Il y a également une passerelle dans un lieu superbe où la forêt a été préservée : un ruisseau court dans un labyrinthe de racines aériennes et de branches basses couvertes de mousse. On s’attend à voir sortir des créatures magiques depuis notre longue passerelle qui suit le ruisseau, dans cet enchevêtrement de bois.
Il n'y a rien de la magie du lieu dans cette photo, normal : la magie, par essence, n'apparait pas sur les photographies
Il est à noter que l’eau des ruisseaux et… celle des robinets du parc, malgré une double filtration, est teintée entre le jaune et le rougeâtre ! C’est parait il l’effet des racines du Tepu, un arbre local.
Le Tepu
Les ruisseaux tournent au rougeâtre
L'eau du robinet intrigue aussi, à première vue
Un arbre brûlé comme vase naturel...
Les rapports distance/durée m'étonnent toujours au Chili. On peut dire que la rando n'est pas élitiste ici.
Lago Chaiguaco
Bicho
Un vieil abri de bûcherons
Il nous ramène un peu à la réalité du monde, mais le virus est encore bien loin de nous. Aussi notre prochaine étape sera l’Argentine : une première pour Fran. Pour moi c’est une nécessité administrative : entrer au Chili permet d’obtenir un visa touriste valide 3 mois. Or ma dernière entrée date de plus de 2 mois, mon visa va se terminer. Sortir et re-rentrer me permettra de renouveler mon visa pour 3 mois de plus. Et ce sera aussi l’occasion de découvrir la région de Bariloche, très belle parait-il. Et qui sait, peut-être de traverser toute la pampa jusqu’à la péninsule Valdes, haut lieu d’observation de la faune marine dans l’Atlantique. Mais ceci est une autre histoire qui viendra dans un prochain billet. Spoiler : le monde extérieur nous a rattrapés !
Maintenant quizz :
- De quel moyen de défense dispose le pudú, minuscule cervidé à priori sans moyen de protection, qui existe pourtant encore ?
- Qu’est ce qui, dans les racines du Tepu, colore l’eau des ruisseaux du parc ?
- Pourquoi diverses essences d’arbres chilotes (de Chiloé) dont le Tepu, possèdent-ils des feuilles minuscules ?
Je vous laisse me communiquer les réponses, moi je ne sais pas ! Je pourrai les publier ;)