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Le vieux continent, la flemme et moi, et moi, et moi
Il y a des jours où on est un peu secoué, et ça fait entièrement partie du voyage. J’ai hésité à mettre en ligne un contenu aussi personnel, mais pourquoi pas, au final. Bienvenue dans mon nombril.
Ces jours-ci, j’ai consulté le blog de Framasoft. Ces militants du logiciel libre qui sont, pour moi, de véritables modèles et des sources de réflexions avec une vraie profondeur. Et j’ai jeté un œil à leur revue de presse hebdomadaire.
Et paf, la reconnexion avec l’Europe, avec mon monde politique. Je veux dire, celui dans lequel je pense avoir une parcelle de pouvoir, et surtout la responsabilité qui va avec. Imaginez-vous, quelques mois de nouvelles accablantes qui parcourent 12000 kilomètres à la vitesse de la lumière pour m’arriver dans la face. Ouch, comme vous dites. J’ai refermé assez rapidement.
Mais reste un sentiment étrange et des contradictions. Ici, c’est confortable : j’observe ce qui se passe, je ne peux pas être concerné directement. Pas mon pays, pas mes décisions, pas mon problème ! D’autant plus confortable en tant que jeune homme blanc, européen et riche. En France, à contrario, je me sens responsable de prendre part à ce qui se passe. Responsable, à chaque changement, d’en prendre connaissance, de le questionner, de trouver ma réponse et de la mettre en œuvre. Évidemment, ça ne marche pas aussi bien que ça : mon combat pour les logiciels libres m’a bien occupé pendant environ une dizaine d’années. Celui pour conserver le droit à la vie privée face à l’intrusion dans l’intime des gouvernements et des multinationales (coucou le « capitalisme de surveillance ») dure depuis plusieurs années et je suis de plus en plus pessimiste quand au résultat. Du coup, il y a une foultitude de sujets que j’ai totalement ignoré ou au mieux, traité à la va-vite. Des sujets sur lesquels j’ai probablement fait masse, sapant les efforts de ceux qui se sont impliqués pour faire progresser la société.
Et malgré ce constat insatisfaisant, c’est énormément d’énergie que j’ai passée à nager contre des courants dominants. Sans doute parce que je nage comme une enclume, dans l’eau comme dans la politique. Passé 30 ans c’est devenu trop d’énergie pour moi, et toujours pas assez pour faire face au déluge de changements.
Alors quand je peux fuir de ce pays et faire autre chose, autrement dit ne rien faire et ignorer les problèmes créés par d’autres, je respire. Et j’avance personnellement, en plus.
Aujourd’hui, une nouvelle opportunité historique de changement se présente devant vous. En bien ou en mal. Moi pour l’instant, je suis et reste en vacances de citoyenneté ! Alors je vous souhaite bien du courage, ou du lâcher prise, à vous de voir ce qui vous sied le mieux, pour faire face. Si vous souhaitez aider à faire pencher la balance pour que le vieux monde meure avant de nous tuer, je vous en serais infiniment reconnaissant. En plus, je suis très curieux de voir ce qui succédera. Et je suis sûr que nous le sommes tous, curieux, si nous abandonnons nos peurs quelques instants.
De toutes façons, si vous lisez ce blog, c’est très certainement que vous faites partie des personnes que j’aime. Et ce même si vous vous battez pour porter à bout de bras la société que nous connaissons. Tout ce que ça changera pour moi si on continue à aller ensemble dans le mur, c’est que je resterai profiter des vacances plus longtemps !
Pour amener un point de vue et des perspectives nouvelles, voici un romantique monologue du virus. Une belle mise en mots de ce brutal retour à l’essentiel que nous expérimentons. Et puisqu’on revient à l’essentiel, je vous envoie de belles pensées. Que tout se passe bien pour vous et ceux qui vous sont chers.
Aquí en español (de España, lo siento…), el monólogo del virus. Un abrazo con mucho cariño amigos, solo eso importa ¡po!
Approbation totale de l'experte en qualité de vie