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Bestiaire de marée basse
Avant-hier nous avons profité d’une belle journée ensoleillée pour aller pique-niquer à la plage, à la sortie de la baie d’Ayacara, avec Fran.
La mer se retirait sur la plage très rocailleuse. Se retirait tant qu’on peut penser que le coefficient de marée était assez fort ? Sont arrivées quelques familles pour récolter des fruits de mer. Alors on s’est approchés des roches tout juste émergées et on en a pris plein les yeux.
Ça fait un bon bout de temps que j’envisage d’écrire un article sur les animaux que je vois au Chili. La biodiversité paraît ici, pour mon œil non exercé, extraordinaire. Plus que tout en terme d’oiseaux. Et puis je peux compter sur l’aide de Fran, biologiste marine de formation tout de même ! Bon certes, mais ça prend du temps d’écrire sur un sujet dont je ne connais rien, et puis ça prendrait un vrai appareil photo pour faire des photos convaincantes d’animaux. Donc je ne me suis pas encore attelé à la tâche.
Alors plutôt que de reporter toujours à demain, voici le premier épisode : une visite sur le perron du monde des invertébrés marins ! On est restés sur le perron pour plusieurs raisons : l’eau glacée ramenée de l’Antarctique par le courant de Humboldt et le caractère belliqueux de certains habitants étant parmi les principales.
Êtes-vous déjà tombé la main sur un crabe en pensant déterrer un bivalve ? Photo de Fran
Je vous donne les noms en espagnol, parce que je n’ai aucune idée de ce que peuvent être ces bestioles. Je ne reviendrai pas sur les almejas et les culenges, bivalves prisés des gourmands qu’on trouve enterrés sous le sable quand la mer se retire, et dont j’ai parlé dans le billet « Spécialités ». Je ne parlerai pas non plus des pinucas, ils sont vraiment trop moches, je n’en ai pas fait de photos.
En s'approchant des rochers, on marche littéralement sur un tapis de coquilles. Pas d'inquiétude pour elles, c'est du solide. Et bien arrimées
Paraissant tout droit sorti de la préhistoire, le "chiton"
Les crabes, ça n'a rien de sympa, mais celui-ci était plus mort que vif
"Erizo", oursin quoi. Ils exécutent de jolis petits mouvements avec leurs piquants. Il paraît qu'ils sont délicieux, ben... ils n'en ont pas l'air
Farouche, un "picoroco" sort le bout du nez. Ou plutôt le bout de ses deux bras qui forment une pince pour ramener la nourriture à lui. Il fait grandir sa coquille au cours de sa vie, celui-ci est déjà grand, une dizaine de centimètres
Un autre soir, sur une autre plage moins densément peuplée, j'avais été surpris par le nombre de moules
La Lune se lève sur l'océan à marée basse. Nous ne sommes pas seuls à nous intéresser aux mollusques
Photo de Fran
mystère de résolu grâce à cette superbe photo faite par Fran avec son reflex : dans l’hémisphère sud on marche la tête en bas, tous les enfants le savent. Du coup, on voit la Lune à l’envers : comparez l’emplacement des mers lunaires avec ce que vous voyez en France. Elle est donc croissante en formant un C et décroissante en formant un D. J’ai mis la photo dans une résolution plus élevée que d’habitude pour profiter au mieux de ce bel astre.
Des amoncellements de vie étranges sous la Lune. Des picorocos, des moules et autres coquillages s'installent en tas, souvent les uns sur les autres et se font piétiner par des escargots de mer, des chitons, etc
On n'a pas pu résister à décrocher une dizaine de moules qui passaient bien la maille de ce gigantesque tas d'animaux. Poêlées après cuisson, avec oignon poivron et curcuma, un délice