ARTICLES
En musique
Chose promise chose due : quelques références pour les amateurs de musique.
Pour commencer en musique chilienne, je prends deux grands noms disparus depuis longtemps : Violetta Parra et Victor Jara.
Violetta Parra est probablement la chanteuse chilienne la plus connue toutes époques confondues. Ses chansons à texte qu’elle accompagnait à la guitare parlent souvent d’amour, comme que pena siente el alma ou de rébellion comme la carta. Elle reste une icône et une référence, tant pour sa musique que pour ses textes, particulièrement ceux à la portée politique. Je remets le lien pour écouter une reprise de la carta (émission du 6 juin, à 11:20) par les amies Vale et Deya.
Je connais moins Victor Jara. Icône lui aussi, arrêté torturé et assassiné lors du coup d’état, son engagement politique et sa mort héroïque ont participé à son aura dans le monde entier, notamment parmi les musiciens français. Le stade de Santiago où il a été enfermé avec tant d’autres porte désormais son nom et ses bourreaux ont été condamnés, je crois que ce n’est pas si courant. Te recuerdo Amanda reste sa chanson phare.
On peut donc passer aux contemporains : en premier ce sera Pascuala Ilabaca. Je l’ai déjà citée avec ses musiciens (Pascuala Ilabaca y Fauna) pour sa chanson sur les mineurs, El Baile del Kkoyaruna, ou sa chanson dansante Te traigo flores. Elle a aussi une carrière solo, avec par exemple la très belle chanson féministe Compañeras al compás. Elle a commencé sa vie musicale avec… des reprises de Violetta Parra. C’est une musicienne qu’on peut occasionnellement voir en Europe, et j’espère bien en avoir l’occasion !
Un groupe un peu comparable qui s’est séparé après deux albums et c’est bien dommage, La Guacha. Un des premiers groupes chiliens que j’ai découvert et que j’apprécie particulièrement. Sa chanteuse semble continuer son parcours sous le nom Soledad del Rio.
Evelyn Cornejo est une autre incontournable : d’aucuns voient en elle la nouvelle Violetta Parra. Et en effet, à première vue on retrouve une femme avec sa guitare et ses textes affûtés qui murmure son amour et qui crie sa révolte. Son disque La Chusma inconsciente vaut d’être écouté, je n’en tirerai pas de chanson en particulier.
Vous aimez l’Amérique du Sud mais ne pouvez vous passer d’un parfum manouche ? Ecoutez La Mano Ajena.
Si c’est le rap français façon MAP qui vous botte, retrouvez donc le chanteur de MAP avec des musiciens chiliens dans Sidi Wacho. Pas très connu en France, je n’ai croisé personne ici qui connaissait. Virulent et festif.
Virulent voire corrosif, et pas qu’un peu : Marmotas en el bar, un groupe de rap un peu punk et très anarchiste, particulièrement bon dans sa musique comme dans ses textes. Les paroles donnent une vision très intéressante du Chili et plus généralement de notre société, mais un peu de familiarité avec la culture et la langue chilienne aide à comprendre. Un exemple avec El culto al fuego.
Pour rester dans le thème du rap, la franco-chilienne Ana Tijoux cartonne pas mal ici. Somos sur, en duo avec une chanteuse palestinienne, est une chanson phare pleine de rage contre la domination occidentale, l’album Vengo contient pas mal de chansons plus posées. Il paraît qu’on retrouve une de ses chansons dans la série Breaking Bad, et dans les musiques de la très bonne série chilienne El Reemplazante
Pour terminer sur le rap je dois révéler mon goût secret pour Corashe de l’argentine Nathy Peluso.
Et pour finir on sort du Chili : Novalima mélange musique péruvienne et afro, hautement recommandé.
Mais aussi quelques européens : El Gato Negro avec sa chanson ouvre la porte, que j’ai choisie pour apprendre le français à Franchesca. Et puis ces derniers temps j’ai beaucoup écouté Acrobate de LEJ et Burn de La Cafetera Roja : deux chansons qui me semblent partager la même thématique, importante pour moi ces derniers temps. À voir si vous les comprenez pareil que moi !